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  • Bertrand RANZA

Casse-pipe !

Mis à jour : mars 3

Fin d'un amour passionné pour un objet culte, fin d'un symbole du capitalisme, l'automobile n'est plus cet objet du désir perçu comme une passerelle d’accès aux rives d'une classe sociale supérieure.

Le capitalisme a dévoré son enfant rebelle de Mai 68 qui s'est dissout dans une consommation de substances hallucinogènes lui ouvrant les portes d'un bonheur apparent. Oui, le père a mangé le fils. Ce père, blessé dans son amour propre et rancunier, qui n'a finalement pas compris la révolte du fils, a pris en compte ce premier symptôme de maturité en accentuant davantage sa pression, son autorité et son paternalisme égoïste, son sur-moi maîtrisant tout et ne partageant rien.

2008 est le crépuscule du père. Tout à une fin, car tout déséquilibre finit pas s'effondrer violemment, le terrorisme en est une conséquence.

Reprendre la route autrement et conduire sa vie différemment vers des valeurs aujourd'hui déchues par un père capitaliste toujours aussi impitoyable mais perverti par sa propre logique : le profit inconsidéré.

Non, ce n'est pas le fils qui fera tomber le père, mais le père lui-même tel un alcoolique, dont le foie devenu cirrhosé, qui se meurt dans des souffrances dont on commence à percevoir seulement les premières douleurs. La place se libère. Un sur-moi qui ne s'est pas appliqué à lui-même, libérant des pulsions narcissiques et s'autorisant toutes les libertés. L'élection de Macron, Président omniprésent, omnipotent, et sa politique de "l'insensible" ne sont-elles pas justement le paroxysme de cet état ?

La morale a changé de rang (hiérarchie) et c'est le fils qui aujourd'hui lui rappelle, sans succès d'ailleurs, l'intérêt du respect; les vives réactions populaires lors de la dernière campagne présidentielle, le taux d'abstentionnistes élevé ainsi que les nombreuses manifestation envers le climat, nous montre à quel point cette ambition filiale s'installe. Le père se meurt inconscient de sa chute, le fils lui s'élève davantage chaque matin.

le consommateur n'est plus seulement consommateur destiné à remplir les tiroirs caisse. Non, il ne veut plus être "le dindon de la farce", et souhaite une autre relation avec le produit et l'argent.

Consommer pour consommer, NON. Le troc, les dons, l'auto-entreprise sociale, les monnaies locales, le "to do him-self", l'entraide, le recyclage, la location de ses propres biens, sont autant de velléités collectives qui prouvent que le consommateur abhorre désormais son rôle de bouffon, ne souhaite plus participer à cette vaste farce et ne cherche plus la reconnaissance d'un père devenu sadique.

Non à la consommation masochiste! non a un ersatz de bonheur ! Le père, devenu grabataire, prends conscience de cette dégringolade, de la déliquescence de son organisation et tente alors de réagir et lâche du lest en autorisant le management bienveillant, qui demeure pas moins un pouvoir, permettant au consommateur d'évaluer le service client. C'est pourquoi on voit fleurir à tout bout de champ, étoiles, smileys et likes.

Le changement est inéluctable. Il ne s'agit pas, comme un certain mois de Mai 68, d'une apparence de bonheur amplifiée par une consommation de psychotropes.

Enfin je l'espère... car nous sommes déjà en 2020 !


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